Autoliquider, c'est déclarer soi-même la TVA à la place de son fournisseur : l'acheteur collecte et déduit la taxe sur sa propre déclaration. Le mécanisme est au cœur des acquisitions intracommunautaires et, depuis 2022, de la TVA à l'importation. Bien appliqué, il est neutre en trésorerie ; mal appliqué, il se voit immédiatement en contrôle.
Dans une vente domestique classique, le vendeur facture la TVA et la reverse. En autoliquidation, le vendeur facture hors taxe et c'est l'acheteur qui liquide la TVA dans son propre pays : il la déclare en taxe collectée et, si son droit à déduction est complet, la déduit sur la même déclaration. L'opération est alors blanche en trésorerie.
Quand une entreprise française achète des biens à un fournisseur d'un autre État membre, le fournisseur exonère sa livraison et l'acheteur français autoliquide la TVA française sur son acquisition. La facture du fournisseur porte votre numéro de TVA intracommunautaire : c'est lui qui permet l'exonération côté vendeur.
C'est le miroir exact de vos livraisons intracommunautaires : quand vous exonérez une vente vers l'UE, votre client autoliquide chez lui, et la validité de son numéro conditionne votre exonération.
Depuis le 1er janvier 2022, la TVA à l'importation des entreprises est gérée par la DGFiP et autoliquidée sur la déclaration de TVA, sur la base des éléments issus des déclarations en douane. Plus d'avance en trésorerie au dédouanement : la taxe se déclare et se déduit sur la même déclaration.
Ce mécanisme est distinct des obligations intracommunautaires : une importation vient d'un pays tiers, une acquisition vient d'un État membre. Les deux s'autoliquident, mais ne se déclarent pas au même endroit ni avec les mêmes justificatifs.
Quatre erreurs reviennent régulièrement :
Pour une entreprise dont le droit à déduction est complet, non : la taxe collectée et la taxe déduite se neutralisent sur la même déclaration. Le coût apparaît quand le droit à déduction est partiel.
La facture est émise hors taxe avec la mention « Autoliquidation », et pour les opérations intracommunautaires elle porte les numéros de TVA du vendeur et de l'acquéreur.
Direct : l'exonération du vendeur et l'autoliquidation de l'acheteur reposent sur des numéros valides. Un fichier clients vérifié régulièrement, avec preuves datées, sécurise toute la chaîne.